Les pouvoirs secrets de l’ovulation (pas seulement pour faire un bébé)
Les hormones ovariennes, l’œstradiol et la progestérone, sont bénéfiques pour la santé générale. Cela signifie que les cycles menstruels ovulatoires naturels sont bénéfiques, car l’ovulation est la façon dont les femmes fabriquent ces hormones.
Avantages de l’ovulation
Chaque dose mensuelle d’œstradiol favorise le gain musculaire, la sensibilité à l’insuline et la santé à long terme du cerveau, des os et du système cardiovasculaire.
Chaque dose mensuelle de progestérone réduit l’inflammation, régule la fonction immunitaire et soutient la thyroïde, le cerveau, les os et le tissu mammaire.
Les avantages des hormones ovariennes sont à la fois à court terme en rendant les femmes plus fortes et à long terme en renforçant la réserve métabolique et la santé.
Selon la professeure canadienne d’endocrinologie Jerilynn Prior, « les femmes bénéficient de 35 à 40 ans de cycles ovulatoires, non seulement pour la fertilité, mais aussi pour prévenir l’ostéoporose, les accidents vasculaires cérébraux, la démence, les maladies cardiaques et le cancer du sein ». En ce sens, chaque ovulation est comme un dépôt mensuel sur le compte bancaire de la santé à long terme.
Pour la professeure Prior, les cycles ovulatoires sont un « créateur de bonne santé ». Ils sont également un « indicateur de bonne santé » car lorsque nous sommes en bonne santé, l’ovulation se produit en douceur et régulièrement. Lorsque nous ne sommes pas en bonne santé d’une manière ou d’une autre, l’absence d’ovulation peut en dire long.
L’American College of Obstetricians and Gynecologists (ACOG) est du même avis. En 2015, en collaboration avec l’American Academy of Pediatrics, ils ont discrètement publié une déclaration radicale intitulée Menstruation in Girls and Adolescents: Using the Menstrual Cycle as a Vital Sign (Menstruation chez les filles et les adolescentes : utiliser le cycle menstruel comme signe vital). Dans cette déclaration, ils déclarent que les médecins devraient toujours interroger leurs patientes sur leurs menstruations et conseiller aux filles de noter leurs cycles sur un graphique. En procédant ainsi, disent-ils, « les médecins démontreront aux patientes que les menstruations sont un reflet important de leur santé globale ».
Apprendre à observer, à cartographier et à interpréter un cycle ovulatoire s’appelle l’alphabétisation corporelle, un terme inventé par la militante menstruelle Laura Wershler.
Je vous invite à considérer l’ovulation comme un événement précieux et bénéfique pour la santé. J’irais jusqu’à dire que si vous ne pensez pas à l’ovulation, vous ne pensez pas à la santé.
>Astuce : les hommes produisent leur hormone, la testostérone, tous les jours, mais nous produisons la nôtre sous forme d’une poussée d’estradiol précédant l’ovulation, puis d’une poussée encore plus importante de progestérone après l’ovulation.
Obstacles à l’ovulation
Contraception hormonale
La contraception hormonale arrête l’ovulation, ce qui est, bien sûr, son but. Ce faisant, il désactive les hormones ovariennes et les remplace par des médicaments contraceptifs comme l’éthinylestradiol et le lévonorgestrel, qui n’ont pas le même effet.
> Astuce : il n’y a pas de progestérone dans aucun type de contraceptif.
La différence physiologique entre les hormones réelles et les médicaments contraceptifs affecte tous les systèmes du corps. Par exemple, les femmes qui prennent des médicaments contraceptifs ont une structure cérébrale altérée et un risque plus élevé de dépression et de maladie auto-immune par rapport aux femmes qui ont un cycle naturel.
Manger trop peu et trop peu de glucides
La perte d’ovulation due à une alimentation insuffisante est appelée aménorrhée hypothalamique. Ce n’est pas exactement un trouble, mais une décision adaptative du cerveau de suspendre la reproduction lorsqu’il n’y a pas assez de nourriture pour faire un bébé en toute sécurité. Lisez Mangez-vous suffisamment pour avoir vos règles ?
Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)
L’excès d’androgènes ou de testostérone peut provoquer des cycles anovulatoires (cycles sans ovulation) et une résistance à l’insuline. Inverser la résistance à l’insuline grâce à un régime alimentaire, à l’exercice et à des suppléments naturels tels que l’inositol peut aider à rétablir l’ovulation.
> Conseil : Avant de vous lancer dans un régime hypocalorique ou hypoglucidique pour le SOPK, veillez à ce que votre diagnostic ne soit pas basé uniquement sur une échographie ou un test sanguin d’AMH. Ces tests ne sont pas fiables et peuvent vous avoir fait dire que vous avez le SOPK alors que vous avez en fait une aménorrhée hypothalamique. Lisez Le SOPK ne peut pas être diagnostiqué par échographie.
En conclusion, une ovulation régulière est importante pour les femmes. Et pas seulement pour faire un bébé.
Le Dr Matus estime que le cycle reproductif d’une femme est le cinquième signe vital de sa santé, qui dépend de cycles ovulatoires et menstruels sains et réguliers, de la ménarche à la ménopause.